Et si le résidentiel détenait les clés
de la mobilité ?
Focus sur les batteries stationnaires

19 02 2019
Pourtant, les pouvoirs publics se sont fixé des objectifs ambitieux pour fournir un réseau dense, garant de l’essor de la mobilité électrique : 7 millions de points de recharge publics et privés sont prévus d’ici 2030. Un développement qui devait être favorisé par la loi Grenelle 2 qui impose que 10 % des places de stationnement neuves soient pré-équipées afin de pouvoir accueillir des bornes de recharge. Mais la route semble encore longue : la France ne disposait que de 23 000 bornes électriques en septembre 2018. Et malgré une borne pour 6,5 voitures électriques légères, l’Hexagone compte encore de nombreuses zones blanches et peine à tenir ses objectifs de développement. Pour faire face à cette problématique, de nouvelles technologies de stockage de l’électricité apparaissent comme des solutions d’avenir.

Aujourd’hui, le stockage d’énergie repose presque exclusivement sur les stations de transfert d’énergie par pompage, aussi appelées STEP. Représentant 97 % des capacités de stockage mondiales, cette technologie basée sur des retenues d’eau a plusieurs inconvénients notables : elle ne répond pas aux enjeux d’autoconsommation des ménages et ne permet pas de créer un réseau dense de points de recharge. Face à cette situation, mais aussi pour des raisons économiques, le développement du stockage stationnaire d’électricité à partir de batteries usagées prend de l’ampleur en France. La capacité de la batterie lithium-ion d’une voiture électrique n’est plus que de 80 % après 8 ans d’usage. Trop peu pour être utilisée pour un usage mobile, mais assez pour du stockage stationnaire.

Or, en plus de permettre le recyclage des batteries, le stockage stationnaire a trois autres grands impacts pour inciter à utiliser des véhicules électriques : il permet de créer des bornes de recharge domestique (à la maison ou sur le lieu de travail), d’assurer l’autoconsommation en électricité des bâtiments (en stockant l’électricité durant les heures creuses par exemple) et de stocker l’électricité fabriquée par les énergies renouvelables domestiques (panneaux solaires, etc.).

Récemment, les initiatives se sont multipliées : PSA a par exemple développé un démonstrateur de stockage d’énergie. Renault, de son côté, affirme offrir une seconde vie à ses batteries lorsque celles-ci ont perdu 25 % de leur capacité initiale de charge. Après avoir installé des batteries chez des particuliers britanniques, la marque va lancer en 2019 une solution de stockage reposant uniquement sur les batteries de voitures électriques. Ce dispositif sera composé de 2 000 batteries d’une autonomie respective de 120 kilomètres, lui permettant de stocker au minimum 60 MWh, soit l’équivalent des besoins journaliers de 5 000 foyers. Mais faute d’un cadre réglementaire établi, la solution du stockage stationnaire par batterie reste encore timide en France.

En dehors de l’hexagone, le choix s’est porté d’emblée, le plus souvent, sur des solutions bâties sur des parcs de batteries neuves. La question de la garantie des batteries recyclées ne se posant pas, et plusieurs pays étant plus engagés que la France dans les énergies renouvelables domestiques, le succès est au rendez-vous.

Les exemples d’intégration de l’éco-mobilité dans la construction se sont d’ailleurs multipliés ces dernières années, notamment pour renforcer l’attractivité des complexes immobiliers et démocratiser la recharge électrique.

En Allemagne, ce sont déjà 100 000 foyers qui bénéficient d’un stockage stationnaire, leur permettant de se rapprocher encore un peu plus de l’autoconsommation. Prochain objectif ? Équiper 200 000 foyers à l’horizon 2020.

Même constat en Australie, où une cinquantaine de dispositifs de stockage stationnaire d’envergure sont déjà en place, sans compter les 21 000 installations réalisées en milieu résidentiel en 2017. Après Tesla aux États-Unis, c’était également au tour de Mercedes d’annoncer la commercialisation de ses propres batteries pour le secteur résidentiel.

En France, la dynamique reste néanmoins positive. Le nombre grandissant de batteries usagées, la diminution des coûts de fabrication et l’émergence de l’autoconsommation sont autant de bonnes raisons d’investir le créneau. Le manque de cadre réglementaire ralentit, pour l’heure, le marché, mais il pourrait décoller d’ici 5 à 10 ans.

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