Et si l’assurance contextuelle renouvelait l’expérience client ?

16 05 2019

Trois avions, deux escales et huit heures de retard : lorsqu’il voyage, le globe-trotter peut se retrouver facilement embarqué dans des aventures indésirables. Et si, pour prévenir certains impondérables, une assurance couvrant son trajet lui était proposée ?

En effet, certaines offres apparues récemment, dites assurances contextuelles, garantissent des compensations, notamment en cas de report ou d’annulation d’un avion, ou de dommages subis par les bagages. Par exemple, si le retard excède deux heures, les voyageurs peuvent accéder à un lounge, plus confortable et tranquillisant que le hall d’aéroport. 

Autre cas venu des États-Unis : en quelques clics sur leur smartphone, les utilisateurs fréquents de Uber peuvent souscrire un contrat auprès de la start-up Sure, qui couvrira leurs trajets, à chaque fois à la demande. Idéal pour les hommes et femmes d’affaires, par exemple, multipliant les trajets en VTC tout au long de la journée.

Populaires et installées en Asie, ces micro-garanties arrivent en France, où l’attente est grande. Selon l'étude « Les Français et l'assurance de demain », réalisée par le cabinet Mazars et OpinionWay¹, 65 % des Français se disent prêts à faire appel à un assureur pour une durée limitée, voire pour des usages ponctuels. Ils attendent des produits d’assurance sur mesure pour des achats en ligne ou pour répondre aux aléas de la vie quotidienne : concert annulé, bagages perdus, vol en retard…

D’autres acteurs font leur apparition en France, tous visent une simplicité d’usage, un remboursement rapide et un nombre restreint de procédures, comme l’assurtech Lovys qui joue pleinement la carte du digital. Via son site, le consommateur peut opter pour une assurance habitation et une autre pour son smartphone et précise, en quelques clics, son besoin, la taille de son logement, ses garanties de base et les éventuelles options comme les bris de glace, dommages électriques, assurance scolaire… Pendant ce processus, qui ne dure que quelques minutes, le coût total est affiché et évolue en temps réel.

¹ https://www.mazars.fr/Accueil/News/Publications/Etudes/Les-Francais-et-l-Assurance-de-demain

Ce concept de l’assurance à la demande, se retrouve avec Wilov, une assurance auto pay when you drive qui ne couvre le client que lorsqu’il conduit. « Nos tarifs sont scindés en deux : vous payez un abonnement mensuel entre 15 et 30 euros selon votre véhicule et à chaque fois que vous roulez, vous réglez un micropaiement d’un ou deux euros. Vous pouvez alors faire le nombre de kilomètres que vous voulez et prendre votre voiture autant de fois que vous le souhaitez, sur une fenêtre de 24 heures », explique Pierre Stanislas, CEO de Wilov, pour lesfurets.com.

L’assurance contextuelle s’applique également aux activités plus occasionnelles comme l’utilisation d’un appareil photo professionnel coûteux ou la pratique de sports à risques : voici le créneau occupé par Tulip, un assureur matériel à la journée. « Par exemple, un particulier veut assurer sa planche de kitesurf à chaque utilisation. En faisant appel à nos services, il paiera une certaine somme lors de chaque session, sans rien payer le reste du temps. Cela peut s’appliquer aussi à un VTT haut de gamme, un instrument de musique coûteux… Bref, nous fournissons une couverture qui n’est pas toujours proposée », explique Thibaut van der Werf, co-fondateur et COO de Tulip.

Si le marché de l’assurance contextuelle est prometteur, il est difficile à ce jour de dégager des tendances globales en termes de croissance. Toutefois, l’assurtech indienne Roadzen, lancée en 2015 et spécialiste de l’IA dans la souscription et la gestion des sinistres, affiche 10 millions de clients à ce jour et compte poursuivre sur sa lancée. Assureurs et pure players semblent surtout complémentaires et des rapprochements, voire des intégrations auront lieu pour accélérer l’innovation au sein de grands groupes. Il faut dire que la puissance de frappe commerciale des groupes d’assurances traditionnels reste sans égal, alors que le secteur de l'assurance contextuelle n’est pas encore à maturité. « Notre capacité à repérer des niches attire des groupes souhaitant diversifier leur offre commerciale. C’est bien pour cela que certains assureurs ont déjà investi dans des assurtech, voire sont présents depuis leurs débuts, via de l’investissement ou les incubateurs », analyse Thibaut van der Werf, COO de Tulip. Proposer des produits d’assurance comme des mini-services aux clients permet aux marques de les fidéliser. L’essor de l'assurance contextuelle n'a pas fini de faire bouger les lignes.

 

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